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L’Arménie à Montmartre

Au tournant du XXème siècle, de nombreuses voix d’intellectuels français s’élèvent pour dénoncer ce que l’on appelait encore les massacres des Arméniens. Si on connaît les noms d’Anatole France, Jean Jaurès ou Jacques de Morgan, on ne sait pas toujours que des dizaines d’ouvrages, des centaines d’articles paraissent, dont beaucoup dénotent des prises de positions courageuses qui honorent leurs auteurs.
Au-delà des pages sombres de l’Histoire, l’Arménie et les Arméniens sont alors très présent dans l’imaginaire français, comme en témoignent les très nombreux objets d’Arts ou de la vie quotidienne présentés au Musée de Montmartre, à côté des coupures de presse et des ouvrages de cette époque.
Des tableaux de peintres arméniens, devenus parisiens par choix ou par force, montrent l’importance des échanges entre artistes arméniens et français, souvent unis par les mêmes sources d’inspiration.
La pièce la plus surprenante de l’exposition est sans conteste la commode conçue par Emile Gallé en 1900, qu’il appelle « Le Chant du Sang »,  dont les motifs ne laissent pas de doute sur sa signification. Une vidéo précise les détails de l’œuvre, d’après le texte de présentation de son concepteur.

Naïri, le 19/04/07

 

Arshile Gorky

Le fondateur du Surréalisme américain, dont le talent a souvent été comparé à celui de Kandinsky, est peu connu en Europe, où rares sont les expos qui lui sont dédiées. Celle du Centre Pompidou en est d’autant plus précieuse.
Une vingtaine d’oeuvres d’Arshile Gorky sont présentées au public, des toiles et des dessins, tous réalisés dans les années 40, donc peu de temps avant la fin tragique de l'artiste.
Des oeuvres aux formes géométriques et tourmentées, où prédominent le noir et blanc ou les couleurs primaires, le jaune surtout, jaune de la lumière, du soleil, de la terre d'Arménie, comme un hommage à son pays qu'il a du fuir après le génocide.

Une exposition troublante, du mystérieux Arshile, obsédé par ses souvenirs d'enfance, ceux d'une Arménie rêvé par son souvenir ...

Naïri, le 14/04/07

 

 

La Nouvelle Djoulfa

Quand au tout début du XVIIème siècle, Shah Abbās, roi de Perse, choisit Ispahan comme capitale, il décide d'y installer les meilleurs artisans dans toutes les disciplines. Réputés pour leur talent, notamment dans le travail de la pierre et de la soie, les Arméniens sont déportés de force par centaines de milliers. La région de Erevan et le Nakhitchevan, où resplendit alors la ville de Djugha, sont littéralement vidées de leur population.

L'exposition retrace la fondation du quartier arménien d'Ispahan, appelé Nouvelle Djoulfa (transcription de Djugha en persan), et sa vie durant plus de 300 ans. Elle montre l'importante contribution des Arméniens à l'Art iranien, particulièrement en décoration et en architecture. Des photos, des tableaux et des objets artisanaux dévoile une riche production de facture arménienne, cependant orientalisée afin de s'adapter aux tendances locales.

Très vite, le rayon d'action des Arméniens d'Ispahan atteint une dimension économique et politique. Commerçants et diplomates sont le lien obligé entre la Perse et l'Europe, tout particulièrement en Russie, où les négociants arméniens bénéficient de privilèges particuliers.

L'Histoire permet de comprendre pourquoi, encore aujourd'hui, l'Arménie est parfois amenée à jouer un rôle d'intermédiaire entre les différentes puissances régionales ...

Naïri, le 07/04/07

 

Hommage aux Résistants Arméniens

Il aurait été impensable, durant cette Année de l'Arménie, de ne pas honorer ceux "qui donnaient le coeur avant le temps" comme le proclame le beau poème d'Aragon, ces "étrangers" dont la propagande nazie aurait bien voulu faire des terroristes !

Autour de Missak Manouchian - figure emblématique s'il en est - est évoqué le souvenir de son épouse Méliné, de ses camarades de lutte, torturés et fusillés avec lui, des poètes Louisa Aslanian et Ruben Melik etc., mais aussi de tous les Arméniens anonymes ou célèbres ayant spontanément rallié la Résistance. Une liste impressionnante en est dressée à l'entrée de l'exposition. Le rôle des Arméniens présents dans les combats de la Libération est aussi largement rappelé.

Photos, lettres, biographies, extraits de films d'époque, témoignages très émouvants, sans oublier une reproduction de l'Affiche Rouge couvrant un pan de mur, sont autant de jalons permettant de redécouvrir cette page d'Histoire souvent mal connue.

Naïri, le 31/03/07

 

Portes ouvertes au Musée Arménien

C'est l'une des plus agréables surprises d'"Arménie mon Amie" : après plus de dix ans de fermeture, l'une des seules vitrines de la culture arménienne en France, a obtenu l'autorisation exceptionnelle d'ouvrir au public, mais pour deux mois seulement. En effet, l'Hôtel d'Ennery qui l'héberge n'est pas aux normes de sécurité, et faute d'un autre local, les chefs-d'oeuvre que renferment ce Musée demeurent inaccessibles.

Livres anciens et ouvrages récents, objets liturgiques ou simplement précieux, gravures, tableaux, sculptures ... offrent une excellente initiation aux arts arméniens et invitent à aller plus loin dans la connaissance d'une culture encore confidentielle.

A l'intention des visiteurs, une feuille format A4 présente l'alphabet arménien (avec ses deux transcriptions) et au verso une brève Histoire de l'Arménie, depuis l'origine jusqu'à l'indépendance.

Au cours de cette promenade riche d'enseignements, on se prend à rêver d'un mécène, désireux de donner à ce Musée les moyens de poursuivre sa vocation ;-)))

Naïri, le 19/03/07

 

La voix d’or de Rouben Elbakian

 

Vendredi 9 mars les Bordelais sont venus  nombreux pour découvrir à leur tour la  voix d'or du ténor arménien  en tournée dans toute la France.

C'est dans le chœur de la splendide église Notre-Dame illuminée pour la circonstance que le ténor au charisme fascinant est  devenu avec une conviction et une ardeur communicatives  Nemorino, Macduff,  Samson, héros guidés par la  force de l'amour.

Une technique évidente, mais surtout une voix de grande beauté et d'une sensibilité  extrême donnant tantôt dans la musique baroque, tantôt dans les personnages héroïques et surtout dans le  bel canto avec une mention spéciale  pour son interprétation des chansons napolitaines qui ont conduit  à son comble l'émotion du public.

Souhaitons bonne route  à  ce brillant  ténor  à  la carrière très prometteuse.

                                                                                                        Louise Bardam, le 09/03/07

 

Photographes Arméniens

D'Istanbul à Jérusalem et de Beyrouth au Caire, entre 1870 et 1950, plusieurs dynasties de photographes arméniens ont régné en maître sur l'image. Ils ont pour noms Boyadjian, Abdullah, Krikorian, Sarafian ..., travaillent en famille et se transmettent leur savoir de père en fils ou en fille.

Cette rétrospective  met en lumière le rôle éminemment moteur des Arméniens dans l'Empire Ottoman, dans les domaines artistique et scientifique, notamment. Ce point est d'ailleurs souligné dès l'entrée de l'exposition.

Elle offre également un émouvant témoignage d'un monde disparu, ravagé par les désastres qui ont secoué cette région où se sont développées d'anciennes et brillantes cultures, et apporte un éclairage intéressant sur l'évolution des techniques de la photo (tirages noir et blanc colorés par exemple).

Paysages, monuments, portraits d'anonymes ou de personnalités, cartes de visite, les thèmes traités sont aussi variés que les pays et les époques traversés. Une abondante documentation, en regard de chaque partie de l'exposition, permet au visiteur d'approfondir sa connaissance du sujet.

Naïri, le 05/03/07

 

Armenia Sacra

La plus attendue des expositions d'"Arménie mon Amie" tient ses promesses !

Dès l'entrée du Louvre médiéval, au pied des murailles de Philippe Auguste et Charles V, se dressent d'impressionnants khatchkars, défis immuables au temps, aux invasions, aux destructions incessantes et plus que jamais actuelles.

Venus de toutes les régions de l'Arménie, ces vénérables témoins d'un art toujours vivant, offrent leur symbolique unique et l'infini variété de leurs ornements. Au total, plusieurs dizaines d'oeuvres inestimables jalonnent le parcours, et conduisent le visiteurs vers les trésors de l'Arménie.

L'exposition se poursuit au premier étage (prendre l'escalier de droite devant le Sphinx), dévoilant les pièces les plus précieuses des musées arméniens (Musées d'Histoire de l'Arménie, d'Etchmaidzine - y compris la partie fermée au public - Matenadaran ...).

Des objets d'Arts, bien sûr, mais aussi des Evangiles, des fragments de chapiteaux, des frontons d'églises, des maquettes témoignant d'un haut niveau architectural, le tout bien documenté par des textes clairs et détaillés.

Un seul regret, la transcription utilisée ne rend pas avec justesse la beauté de la langue arménienne : à titre d'exemple,  "Vayots Dzor" est orthographié "Vayoć Jor", !!!

Naïri, le 28/02/07

 

Yeraz, parfum de rêve

Le spectacle a été un enchantement dès la première seconde, tout au long de ce dernier les danses, les mini-scènes théâtrales, les décors, les ambiances m’ont rendu à la fois poète, humoriste et dramaturge, il n’existe pas de terme pour définir l’intensité des diverses émotions ressenties ! nous avons ri, pleuré, chanté, dansé !!
On dit que la beauté est le nom de quelque chose qui n'existe pas mais je le donne très volontiers aux artistes de cette troupe  en échange du plaisir et de ce ravissement qu'ils m’ont procurée au présent et pour l’avenir grâce à la mémoire vivante.
L’apothéose fût lors de la danse finale, tous les artistes invitèrent avec générosité, tendresse et sincérité le public au partage, rendirent l’atmosphère à un triomphe de bonheur.

Kohar, Anto et Simon (Montpellier), le 27/02/07

 

 

Les couleurs de l'Arménie

Nul autre que Martiros Sarian n'a su restituer avec autant de chaleur l'omniprésence des teintes qui parent l'Arménie.

Dans ce pays, où chaque pierre, chaque coin de ciel ou de terre revêt d'intenses couleurs, il fallait un artiste de son envergure pour en exprimer tout l'éclat.

L'oeuvre de Sarian, né à la fin du XIXème siècle, s'échelonne sur les trois premiers quarts du XXème. Par son opulente palette, parfois en décalage avec la réalité visuelle, par son trait contrasté, aux formes harmonieuses cependant, il évoque irrésistiblement l'univers onirique des Nabis. Quoique largement figuratifs, ses tableaux et dessins portent toujours l'empreinte du fantastique, à mi-chemin entre le vécu et l'irréel. 

Rien d'étonnant qu'à côté de sa production picturale, il ait illustré avec un talent égal de nombreux recueils de contes arméniens mais aussi russes ou iraniens. Ses gravures, tout en finesse, dévoilent une autre facette de son art, en nous faisant découvrir Sarian le dessinateur au tracé habile et minutieux, moderne héritier des enluminures.

Décors de théâtre et dessins de costumes sont aussi partie intégrante de son répertoire, permettant une fois de plus à cet artiste hors des sentiers battus d'exprimer son riche imaginaire.

Un émouvant documentaire où plusieurs Arméniens d'Issy les Moulineaux racontent l'histoire de leur famille et leur installation dans la ville, est également présenté aux visiteurs.

Naïri, le 24/02/07

 

 

Création arménienne

Voici sans doute l'exposition la plus représentative de l'Arménie contemporaine !

Un merveilleux hommage rendu à Paradjanov "le Magnifique", l'Illuminé, le Sublime, mais aussi le révolté qui défiait le pouvoir depuis sa prison en composant des oeuvres d'art avec des matériaux de fortune.

On y retrouve un peu l'ambiance féerique de son superbe Musée de Erevan, d'où proviennent la plupart des pièces présentées. Collages, tableaux, montages, chapeaux, tout un univers parfois au delà du réel est transposé au coeur de Paris.

Le visiteur se laisse vite envoûter par cet itinéraire aux frontières mal définies entre mystique et humour aigre-doux, entre conte de fée et provocation.

Deux courts métrages de Sergeï Paradjanov complètent cette exposition. L'un d'eux retrace à sa manière poétique et suggestive, la vie des Arméniens de Tiflis au début du XXème siècle, l'autre est construit autour de l'oeuvre du peintre géorgien Niko Pirosmani.

Quatre jeunes plasticiens arméniens très prometteurs sont associés au Maître, par une présentation de leurs photos et vidéos. En accompagnement sonore, est diffusée en boucle une irrésistible saynète "Yes karogh ei".

Naïri, le 17/02/07

 

Le poète de la mer

On a déjà beaucoup écrit sur Ivan/Hovhannes Aïvazovski, sa passion pour l'océan, la lumière irradiant de ses tableaux, comme la dimension tragique qu'il sait exprimer, parfois, à travers des scènes de tempête. Né sur les rives de la Mer Noire, cet infatigable voyageur a marqué de son empreinte le XIXème siècle, dont il est l'un des peintres les plus brillants.

Que pourrais-je ajouter? Simplement mon émotion personnelle.

Naturellement, la plupart des oeuvres présentées au Musée de la Marine ne m'étaient pas inconnues. Je les ai vues maintes fois à la Galerie Nationale de Erevan - d'où viennent la majorité des oeuvres - et plus souvent encore en photos. Mais c'est toujours le même envoûtement face à ses jaunes intenses, ses bleus lumineux, si chargés d'expression.

Sans conteste, Aïvazovski a bien donné vie à la "Poésie de la mer", comme le proclame l'affiche de l'exposition. Qu'il représente l'océan, le lac Sevan ou encore une ville portuaire, son amour de l'élément liquide est une évidence. On croirait presque percevoir le goût des embruns et le rugissement des vagues !

D'autres artistes Arméniens ayant peint sur le thème de la mer , Carzou, Chahine ... accompagnent Aïvazoski. Ils témoignent de l'intérêt pour les rivages perdus d'un pays aujourd'hui au coeur des montagnes.

En marge de cette expo, ne manquez pas la vitrine dédiée au sauvetage des résistants de Moussa Ler, dans une des salles latérales, à côté des maquettes de sous-marins.

Naïri, le 11/02/07

 

Livres d'Arménie

La BNF devenue un mini Matenadaran ! Qui en aurait rêvé ?

Il y a quelques années, au cours de recherches plus ou moins studieuses dans cette vénérable institution, j'avais effectivement constaté l'importance des ouvrages ayant trait à l'Arménie. Mais jamais je n'avais soupçonné une collection aussi importante de manuscrits arméniens, certains remontant à l'"Age d'Or" du livre arménien.

Une exposition à caractère intimiste, susceptible d'intéresser en priorité les médiévistes, présente des textes pour la plupart religieux ainsi que des écrits remontant aux débuts de l'imprimerie. Des manuscrits somptueusement ornementés, parfois de motifs originaux, voire humoristiques, comme ces singes la tête en bas, sont autant de petites merveilles.

Des reproductions agrandies décorent les piliers de leurs caractères élégants, permettant aux visiteurs de découvrir d'emblée la beauté de l'alphabet arménien.

Ce parcours permet de rappeler que l'enluminure n'a jamais été un art mineur en Arménie. Il est à la fois un régal pour les yeux et pour les profanes une bonne approche d'un aspect de la culture arménienne souvent méconnue.

Naïri, le 04/02/07

 

Terre Chrétienne dans le Caucase

Le titre est trompeur : on s'attend à une exposition mettant en avant l'Eglise Arménienne, ses traditions, les oeuvres d'art qu'elle a suscitées. Or les thèmes abordées sont bien plus vastes.

Entourant les vestiges de Lutèce, les murs de la crypte sont ornés de photos, cartes, textes, vitrines contant des objets artisanaux et utilitaires, illustrant l'histoire et la vie quotidienne en Arménie, y compris avant l'indépendance.

Pour une fois, le Karabagh n'est pas oublié avec tout un panneau expliquant les causes du conflit et une émouvante photo de Monté Melkonian peu avant sa fin tragique.

Les auteurs de l'exposition étant Françoise Ardillier-Carras et Olivier Balabanian, connus pour leurs études sur le monde rural en Arménie, les campagnes et leurs productions sont particulièrement mis à l'honneur ! D'appétissantes photos de marchés et de tables bien garnies mettent l'eau à la bouche des visiteurs ;-)

Seul bémol, dans le film - par ailleurs bien conçu -  diffusé à l'entrée de la crypte, il est dommage d'avoir choisi des airs yézidis comme exemple de chants arméniens ...

Naïri, le 10/01/07

 


Les douze capitales de l’Arménie

De la forteresse de Van antérieure à la fondation de Rome, à Erevan l’avant-gardiste, 30 siècles d’Histoire de l’Arménie sont présentés au travers de photos, gravures, vêtements, objets artisanaux. Un voyage dans le temps, donc, mais aussi un voyage tout court au gré des fluctuantes frontières d’un pays au destin tour à tour tragique et glorieux.
Exposée sur de grands panneaux, enrichie de données historiques, cette galerie d'images nous fait découvrir, aux côtés des sites des anciennes capitales, les lieux les plus remarquables de l'Arménie d'hier et d'aujourd'hui.
C'est aussi tout un pan de l'Histoire universelle qui défile : Erebouni (l'antique Erevan) et le royaume d'Ourartou, rival de l'Assyrie, les débuts du Christianisme avec Vagharshabad (Etchmiadzin), Ani dont la splendeur était comparée à celle de Byzance, Sis et l'éphémère royaume de Cilicie contemporain des croisades, les innombrables monastères (Gandzassar, Noravank, Sanahin ...) où inlassablement ont été transcrits et richement enluminés de précieux manuscrits.
Une partie de l'exposition est consacrée à Erevan, successivement perse, russe, soviétique avant de (re)devenir la capitale du jeune Etat arménien. Déjà incontournable pour les amateurs d'Art, par ses nombreux musées, théâtres et ses festivals chaque année plus fameux, elle se place aujourd'hui en acteur déterminant de l'économie dans la région, un rôle moteur qui devrait s'étoffer dans les années à venir. L'architecture élégante de la ville est mise en valeur par les photos et par une amusante maquette du centre.

Naïri, le 24/12/06